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dimanche 10 février 2019

L'EDITO et les premières pages D'INFORMATIONS OUVRIÈRES N° 535 du jeudi 10 janvier 2019

Editorial Informations Ouvrières n°535

« Et maintenant, que vais-je faire ? »
mercredi 9 janvier 2019
par  POI National 




« Et maintenant, que vais-je faire ? »

Christian Lacroix, membre du bureau national du POI

Les lumières s’éteignent une à une. Les invités quittent la salle enrubannée. Il est 2 h 15 du matin. Quelques-uns s’accrochent encore au Moët & Chandon. C’est ce moment que choisit la maîtresse de maison, peinturlurée dans sa soixantaine rugissante, pour entamer ce refrain…
Lui, éteint, renfrogné, une tache de sauce au curry sur sa chemise blanche, pense : Benalla, calme-la !
À ces trois questions fondamentales de son existence : qui suis-je ? d’où viens-je ? où vais-je ? il n’a pas les réponses de Pierre Dac, il pense.
Demain, ils vont tous m’appeler sous prétexte de me souhaiter la bonne année. Ils vont tous me dire : Petit ! On ne t’a pas mis sur le trône pour que tu joues avec ta collection de voitures Dinky Toys ! Ne lâche rien petit, le capital te soutient. Les retraites, vas-y, moins 20 % pour toute cette populace qui casse tout Paris et ne respecte rien, même pas la trêve des confiseurs. Les fonctionnaires, vas-y, offre leur un joli feu d’artifice avec leur statut, ouvre-leur des boîtes enrubannées de contrats privés et laisse leur point d’indice bloqué dans les starting-blocks. T’as donné du fric aux flics, OK, mais sur les heures sup’, nada ! D’accord, tu étais debout pour présenter tes voeux, c’est bien mais pas suffisant, pour montrer ta fermeté, joue du bâton, petit ! Arrête tes discours de premier communiant, rentre leur dedans, flique les chômeurs, baisse les indemnisations ! Donne un croûton de pain à un affamé, tu verras, il s’en contentera…
Lui de réagir : Ils ont raison, mais comment faire ? Je suis déjà passé aux forceps sur la réforme du statut des cheminots, sur la CSG pour les retraités, aujourd’hui : c’est la fronde ! Les gilets jaunes, les gilets bleus, les blouses blanches sont en urgence, les fonctionnaires sur le pied de guerre. Les salariés du privé vont demander leur dû, les entreprises vont me tomber dessus. En distribuant quelques miettes, j’ai ouvert des appétits ! Moi qui pourfendais ceux qui ne respectaient pas les 3 % européens, je vais les dépasser. Mon amie allemande est au plus mal, qui va m’aider en Europe ? Pour la réforme des retraites, comment faire ? On a déjà différé. Dans mon propre camp c’est la débandade, quatre ambassadeurs de mon parti qui travaillaient dans la commission Delevoye ont quitté cette instance en expliquant sur les ondes qu’il serait maladroit de lancer cette réforme en 2019 !
Mon parti est une nébuleuse, face à la crise sociale, mes députés dans les départements ont évité de justesse le goudron et les plumes. Comment faire ? Comment faire ? De plus, comment empêcher, le 21 juillet, qu’un homme en jaune défile en vainqueur sur les Champs-Élysées ?…
La ressemblance avec des lieux, une situation et des personnages existants serait une pure coïncidence.
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jeudi 10 janvier 2019

Macron, 31 décembre : « Je ne renoncerai pas aux réformes » Répression, « grand débat » pour légitimer les réformes... le 10.01.2019

Macron, 31 décembre : « Je ne renoncerai pas aux réformes » Répression, « grand débat » pour légitimer les réformes...

jeudi 10 janvier 2019
 

                                                                                                                                                                         Par POI 38      
Macron, 31 décembre : « Je ne renoncerai pas aux réformes »
Répression, « grand débat »
pour légitimer les réformes...
Deux jours après une nouvelle mobilisation massive des gilets jaunes, le chef du gouvernement, Édouard Philippe, s’est exprimé le 7 janvier. Pas un mot sur les demandes, les exigences de ces centaines de milliers mobilisés depuis deux mois, avec le soutien de la majorité de la population. Rien.
Alors que depuis le début du mouvement des « gilets jaunes », 5 600 personnes ont été placées en garde à vue et que chaque manifestation se déroule désormais dans un climat de quasi-état de siège, le Premier ministre revenant sur les incidents du samedi 5 janvier annonce un durcissement des mesures répressives et sécuritaires : fichage des manifestants, restriction du droit de manifester, sanction pénale en cas de participation à des manifestations non déclarées…
France info rapporte le commentaire de l’ancien bâtonnier de la Seine-Saint-Denis : « Cela devient extrêmement dangereux pour les libertés pu-bliques (…). Tout manifestant peut être un jour soupçonné d’être un mauvais manifestant. »
31 décembre, Macron : « Je ne renoncerai pas aux réformes »
Une semaine avant les mesures sécuritaires annoncées par Philippe. Il a annoncé son intention de maintenir le cap des réformes en 2019. Assurance chômage, fonction publique, retraites, réforme constitutionnelle… sont les réformes prioritaires.
La liquidation des conquêtes sociales au compte du capital financier.
Les « gilets jaunes » ne sont même pas cités. À leur sujet, Macron parle de « foule haineuse ».
 Voilà qui suffit à qualifier et à donner le contenu du « grand débat national » qui doit débuter mi-janvier. Une imposture pour tenter d’offrir une sortie à Macron.
Juste après les vœux du président, dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier, est publié un décret honteux contre les chômeurs.
En pleine crise,  le gouvernement provoque...
Car au même moment, sur fond de mobilisation des « gilets jaunes », l’affaire Benalla se poursuit, toute une série de conseillers de l’Élysée annoncent leur départ, quittant le navire en perdition.
Quelques jours plus tard, le 3 janvier, l’une des figures des gilets jaunes, Éric Drouet, est arrêté. Le lendemain (veille de « l’acte VIII » des gilets jaunes), alors qu’un sondage annonce que 55 % des Français souhaite la poursuite du mouvement, Griveaux provoque : « Ceux qui continuent de manifester avec les gilets jaunes sont des agitateurs professionnels. Ce mouvement est le fait de gens qui veulent l’insurrection, qui veulent renverser le gouvernement. »
Le lendemain des manifestations du 5 janvier, Laurent Berger, le patron de la CFDT, déclare : « Tout d’abord, un responsable économique, politique, social, qui choisit de s’exprimer sur la situation doit commencer par condamner les violences dont des manifestants se sont rendus coupables. »
Tous sont sommés de se ranger derrière la défense du gouvernement.
à l’inverse, et parce qu’il y a deux camps, des appels syndicaux sont publiés qui condamnent la répression contre les gilets jaunes et qui posent dès maintenant la question de l’action pour les revendications urgentes.
Jean-Luc Mélenchon et La France insoumise, en raison de leur soutien aux gilets jaunes, à leurs exigences, sont attaqués de manière scandaleuse par le porte-parole du gouvernement, Griveaux, qui les accuse « d’avoir quitté le champ républicain ».
Le 7 janvier, Philippe annonce le durcissement de l’arsenal répressif contre les manifestants.
En d’autres termes, dans un contexte d’instabilité politique totale, ce pouvoir éperdu, aux abois, tente de répondre à l’insatisfaction du capital financier en cherchant à forcer le passage, ouvrant sur une situation grosse de dangers.
En face...
En face, il y a le mouvement de fond dont le soulèvement des gilets jaunes est le symptôme et que le gouvernement cherche à occulter, à étouffer.
Un soulèvement spontané surgi en dehors du contrôle des directions traditionnelles des partis, et qui veut contrôler son propre mouvement.
Un soulèvement qui exprime ce qui mûrit au sein de la classe : l’aspiration des plus larges masses à échapper au chaos auquel conduit la politique menée par les gouvernements au service du capital financier, l’aspiration de la plus grande majorité à prendre ses affaires en main.
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vendredi 21 décembre 2018

Lettre du bureau national du POI réuni le 15 décembre 2018 à tous les adhérents

Lettre du bureau national du POI réuni le 15 décembre 2018 à tous les adhérents

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Après un mois de mobilisation des gilets jaunes L’hostilité contre Macron s’approfondit

Après un mois de mobilisation des gilets jaunes L’hostilité contre Macron s’approfondit

mercredi 19 décembre 2018
par  poi38
Après un mois de mobilisation des gilets jaunes

L’hostilité contre Macron s’approfondit
Macron : « Je n’ai pas vu le départ de feu. Il faut un canadair pour l’éteindre... »
« En haut », c’est la panique
Après avoir dû reculer sur la hausse des taxes sur les carburants, sur le gaz et l’électricité, Macron, quelques jours plus tard, a été contraint d’annoncer des mesures qui, certes, ne répondent pas aux revendications, aux exigences des « gilets jaunes », mais dont il se serait bien passé. Dans une interview aux Échos, Édouard Philippe rappelle que les annonces de l’exécutif vont coûter 10 milliards d’euros, et qu’elles vont faire passer le déficit budgétaire de 2,8 % à 3,2 %, ce qui provoque l’inquiétude de l’UE et des gouvernements de tous les pays européens.
Le quotidien patronal L’Opinion révèle que le lendemain de son allocution télévisée du 10 décembre, Macron a réuni les parlementaires LREM et Modem. Le journal dévoile ses propos : « J’ai sous-estimé la profondeur de la crise sociale. Je n’ai pas assez vu le départ de feu, il a ensuite fallu un Canadair pour l’éteindre. »
Ce 18 décembre, le gouvernement annonce une prime exceptionnelle de 300 euros pour calmer la colère des forces de l’ordre...
Mais le mouvement de fond, dont les « gilets jaunes » et dans sa foulée la mobilisation des lycéens sont l’expression inédite, ne cesse pas.
« C’est à quitte ou double que Macron va aborder 2019 »
L’enjeu ? Préserver – tant que c’est possible, et si c’est possible – le quinquennat, les réformes prévues. Le Monde, dans son édition du 19 décembre, fait part de son inquiétude : « C’est à quitte ou double que Macron va aborder 2019. Non pas qu’il soit contraint à la démission à laquelle l’invitent sans ménagement les “gilets jaunes”. Mais s’il ne parvient pas à répondre de façon convaincante, c’est une autre forme de démission qu’il pourrait connaître : l’enterrement des réformes emblématiques qui sont à l’agenda et la paralysie de son ambition réformatrice. »
Dans son interview aux Échos, Édouard Philippe affirme : « Notre objectif est de continuer à transformer, à moderniser le pays. » »
C’est dans cette situation que, dans sa lettre aux adhérents, le bureau national du POI déclare : « Toutes les questions politiques accumulées depuis des années se retrouvent posées au grand jour par l’irruption de ces travailleurs : parce qu’ils veulent vivre, ils veulent en finir avec les fausses alternances politiques, avec des institutions qui les étranglent depuis des années (…). »
Oui, dans ce contexte, renforcer, élargir, franchir une étape dans le regroupement et l’organisation d’une force politique, de tout ce réseau de militants, de travailleurs, de jeunes d’appartenances diverses, dans le cadre du CNRR est d’une importance capitale.
45 % des smicards ne toucheront pas la prime d’activité
Informations ouvrières dans son précédent numéro et de nouveau cette semaine revient sur la réalité des mesures annoncées par Macron le 10 décembre et dont Le Monde indique qu’elles devraient concerner 15 millions de Français. Parmi ces mesures, c’est par le biais de la prime d’activité que les salariés au niveau du SMIC doivent être augmentés de 100 euros.
Citant un chiffrage de l’Assemblée nationale, Le Parisien dans son édition du 18 décembre écrit : « 45 % des smicards en sont exclus. »
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L'EDITO et les premières pages d'INFORMATIONS OUVRIÈRES N° 534 - jeudi 20 décembre 2018

Editorial Informations Ouvrières n°534

5e acte...


mercredi 19 décembre 2018
par  POI National 







À chaque acte de la pièce qui se joue en France depuis cinq semaines, le gouvernement et ses soutiens ont tenté d’intimider les gilets jaunes pour les empêcher de manifester. Et malgré une répression policière d’une brutalité extrême, la détermination des manifestants est intacte. Samedi dernier à travers le pays, dans les villes, aux péages, sur les autoroutes, devant les dépôts de bus et les centres commerciaux, sur les ronds points, les gilets jaunes ont exprimé qu’ils ne se satisferaient pas des annonces de Macron le 10 décembre. C’est une question essentielle, ils veulent vivre et ne se contenteront pas de ce que leur a concédé ce gouvernement.
Après avoir longtemps joué la stratégie du pourrissement, Macron et ses soutiens prennent les devants en assurant le service après-vente de l’enfumage. Il n’y a pas un plateau télé, pas une émission de radio où l’on ne voit un député LREM ou un ministre expliquer que les « promesses » de Macron seront tenues même s’ils ne savent pas encore très bien comment. Pour qui prennent-ils les Français ?
Ils tenteront sûrement de mieux nous expliquer à l’occasion du « grand débat national ». Mais les gilets jaunes l’accepteront-ils ? Depuis cinq semaines, leur message est clair et c’est : « Macron démission. » Avec ces deux mots, ils démontrent qu’ils ont parfaitement caractérisé la politique de ce gouvernement. Il est là pour tout détruire : le Code du travail, les services publics, la Sécurité sociale, les retraites, le logement, l’école, et la liste n’est pas exhaustive car il ne doit rien rester. En scandant « Macron démission », les manifestants disent : c’est lui ou nous, c’est une question de survie.
Après de tels événements, Macron pourrat- il continuer son oeuvre de destruction ? Sûrement pas aussi facilement.
Personne ne sait quel sera le dénouement de cette mobilisation inédite, mais elle a d’ores et déjà démontré que le gouvernement peut reculer.
Face au blocage politique de tous ceux qui ont laissé à Macron les mains libres depuis son élection, les gilets jaunes ont remis les pendules à l’heure. Leur mouvement pose des questions politiques majeures.
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« On n’en peut plus !On n’en veut plus ! Il faut que ça change ! »

« On n’en peut plus !On n’en veut plus ! Il faut que ça change ! »

jeudi 13 décembre 2018
par  poi38 


Malgré la répression, les intimidations, après les annonces de Macron, sur les barrages, dans les assemblées, dans les manifestations,
Tous disent :
« On n’en peut plus !On n’en veut plus ! Il faut que ça change ! »
La semaine dernière, le Premier ministre annonçait un moratoire sur la hausse des taxes sur les carburants, sur le gaz et l’électricité. Au même moment, la mobilisation des « gilets jaunes » a gagné la jeunesse, les lycées, un peu plus mobilisés chaque jour, malgré une répression brutale.
En catastrophe, le lendemain de l’annonce de son Premier ministre, le chef de l’État est contraint de décider l’annulation pure et simple de la hausse des taxes sur le carburant, le gaz et l’électricité.
La puissance de la colère, qui depuis trois semaines exprime la révolte et l’aspiration de millions et de millions, a contraint le pouvoir à un recul.
Et de nouveau, notamment samedi, dans toute la France, dans une atmosphère de quasi-état de siège, les « gilets jaunes » se sont mobilisés.
Acculé, le président de la République vient, ce 10 dé­cembre, de faire de nouvelles annonces pour tenter de donner l’illusion qu’il cherche à répondre à la révolte.
« De l’enfumage », des « miettes », du « pipeau »...
À Marseille, à Rennes, comme au Boulou, à la frontière franco-espagnole, les gilets jaunes ne décolèrent pas après l’allocution d’Emmanuel Macron.
« On aurait dit qu’il était en train de lire son texte, on voyait bien qu’il n’y avait pas de sincérité du tout. Il n’y a rien », tranche Charlène, une trentenaire sans emploi de Rennes.
« La plupart des gilets jaunes ont bien compris que ce n’était que du vent, donc on ne lâchera pas. Et qu’il ne croit pas que le mouvement va s’essouffler et qu’on va lâcher l’affaire, hors de question ! On sera là tous les jours, à Noël, au Nouvel An, tant que ça ne bougera pas, on restera là ! », poursuit-elle.
Dans le Nord, sur un rond-point de Dunkerque, Xavier estime que les annonces de Macron ne sont que des « miettes ».
Au rond-point du Boulou (Pyrénées-Orientales), quelque 150 gilets jaunes ont écouté attentivement les mots du chef de l’État. « Il essaie de faire une pirouette pour retomber sur ses pattes. On voit bien que c’est de la poudre aux yeux », lance Jean-Marc.
« C’est de l’esbroufe, des effets d’annonce, du saupoudrage, on dirait même que c’est de la provocation », abonde Thierry, qui a enfilé le gilet jaune il y a quinze jours. « On est remonté à bloc, on est reparti au front », promet-il. Moins d’une heure après l’allocution présidentielle, le péage de l’A9 était entièrement paralysé en provenance d’Espagne.
« Peut-être que si Macron avait fait cette allocution il y a trois semaines, ça aurait calmé le mouvement, mais maintenant c’est trop tard », estime Gaétan, à Rennes, « pour nous, ce discours, c’est du pipeau ».
« Il est pris en otage donc il lâche quelques miettes », commente Jonathan, à Commercy (Meuse).
Mais « le fait qu’il ne revienne pas sur la suppression de l’ISF, c’est pire que tout. C’est par là qu’il a allumé la mèche et il n’éteint pas l’incendie », fustige à Montceau-les-Mines Pierre-Gaël. Globalement, « Macron n’a pas pris la mesure de ce qui se passait ».
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jeudi 20 décembre 2018

L'EDITO et les premières pages d'INFORMATIONS OUVRIÈRES N° 533 du jeudi 13 décembre 2018


Editorial informations Ouvrières n°533


Macron : les patrons ne paieront rien

mercredi 12 décembre 2018
par  POI National 




Macron : les patrons ne paieront rien 

Dominique Canut, membre du bureau national du POI

De manière très solennelle, lundi soir, Emmanuel Macron a annoncé un certain nombre de mesures qui montrent que, oui, il est possible de le faire reculer. Mais est-ce suffisant ? Bien évidemment NON !
Les gilets jaunes et le mouvement ouvrier considèrent à juste titre que ces mesures sont loin du compte. Mais pire, ils savent que ce sont les salariés, les travailleurs et les retraités qui paieront ces mesures. L’« augmentation du SMIC » est un mensonge : son taux horaire n’augmente pas, il s’agit de la prime d’activité. Cela se fera sans que le patronat ne mette la main à la poche. Les heures supplémentaires défiscalisées, comme l’avait fait Sarkozy en 2007 et 2012, seront désocialisées, c’est-à-dire exemptes de cotisations sociales et patronales. Au-delà du fait que les heures supplémentaires génèrent du chômage, qui effectue des heures supplémentaires régulièrement ?
Rien concernant les retraités qui ont vu leur pouvoir d’achat s’effondrer, leurs pensions ayant été désindexées de l’augmentation des prix. Vingt-cinq euros, voilà le cadeau de Macron en restituant la hausse de la CSG – et encore, pas pour tous – seulement à ceux qui ont une pension jusqu’à 2 000 euros. Aucune augmentation du point d’indice pour les 5,2 millions de fonctionnaires… Les exonérations pour les patrons continuent, pas un centime ne sortira de leur poche. C’est une nouvelle fois la sacralisation du capital. Pourtant, la fraude, l’évasion et l’optimisation fiscales, le CICE et toutes les mesures dites pour l’emploi s’évaluent à des centaines de milliards, et pour quels résultats ? Ce serait à la solidarité nationale de s’autofinancer. Ce sont les travailleurs, les jeunes, les retraités, qui devraient payer les mesures annoncées par Macron. Et il annonce déjà qu’il faudra tenir le cap du budget pour garder les 3 % de déficit exigés par Bruxelles. C’est-à-dire moins de services publics, moins de fonctionnaires, moins d’écoles publiques, moins d’hôpitaux, moins de tout ! Macron reste dans sa logique, il en appelle même à l’aide des partis politiques et des directions des organisations syndicales pour qu’au final les ultra-riches soient toujours plus préservés.
Mais les gilets jaunes ne s’y trompent pas, ils sont toujours déterminés, leur mobilisation reste intacte et ils ne renoncent pas à l’action. « Macron démission », cette clameur concentre en elle-même toute la colère qu’expriment les gilets jaunes.
De la même manière, dans les entreprises, les services, s’organisent des assemblées générales avec les organisations syndicales pour qualifier les revendications et pour décider y compris de la grève pour les faire aboutir.
Macron n’a rien annoncé concernant les revendications des lycéens, sur la réforme du bac, sur Parcoursup, etc. alors que ces revendications sont profondément ancrées chez les lycéens. Son seul mot d’ordre : les patrons ne paieront rien. Sous une forme ou sous une autre, la jonction entre les gilets jaunes et le mouvement ouvrier s’organise et paraît maintenant inévitable.
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