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La Tour-du-Pin Trois ans après, les soutiens à la Palestine ne baissent pas les bras
C’était devenu un rendez-vous régulier. Depuis le 7 octobre 2023, à Bourgoin-Jallieu comme à La Tour-du-Pin, des Nord-Isérois se retrouvaient généralement le samedi pour réclamer le cessez-le-feu dans la bande de Gaza. Au fil des mois, leur combat s’était élargi à la dénonciation de la guerre en Palestine, qualifiée de « répression » et de « génocide » par certains manifestants, ainsi qu’à celle de la politique d’Emmanuel Macron. Et ce samedi, dans un contexte marqué par les récentes mobilisations lycéennes , une participation de plus grande ampleur pouvait être attendue, d’où un important dispositif de gendarmerie.
Finalement, une quarantaine de personnes, au plus fort de la manifestation pacifique, ont répondu à l’appel des organisateurs (la Libre pensée, La France insoumise et la Ligue des droits de l’homme). Parti du Champ-de-Mars, le cortège a ensuite déambulé dans le centre-ville turripinois. Aux cris et chants en soutien à la Palestine, chacun expliquait les raisons de son engagement.
« Le monde s’embrase dans un climat de peur… »
Chantal, « soixante-huitarde » assumée, participait déjà aux premières manifestations. Enroulée dans un drapeau palestinien, elle dénonce l’action de l’État israélien : « C’est l’une des dernières actions de colonisation, c’est insupportable. Je suis allée à deux reprises en Palestine, j’ai vu et je condamne ce génocide. Pour moi, il ne peut pas y avoir une liberté pour certains et pas pour d’autres. »
L’incompréhension et l’indignation face au sort des Palestiniens ont également poussé Raymond, 83 ans, à sortir de chez lui. « Toutes les causes solidaires me touchent. Dans celle-ci, je trouve absolument insupportable que les démocraties soutiennent un tel régime. Je ne comprends pas la logique, il y a deux poids deux mesures dans les conflits. »

Chantal, « soixante-huitarde » assumée, participait déjà aux premières manifestations. Enroulée dans un drapeau palestinien, elle dénonce l’action de l’État israélien. Photo Maxence Cuenot
Venue de Creys-Mépieu, Joëlle manifeste contre « la guerre en général ». Elle l’avoue, sa présence « est une goutte d’eau dans un océan », mais elle tenait à exprimer sa désapprobation face à la situation actuelle. « Que ce soit en Palestine ou en Ukraine, des innocents et des enfants sont tués. Cette situation m’angoisse, le monde s’embrase dans un climat de peur… »
Psychiatre à la retraite, Hippocrate Michaelides, 71 ans, était aussi mobilisé. La situation palestinienne fait écho à sa propre histoire. « J’ai vécu des choses horribles à Chypre quand les communautés grecque et turque se sont affrontées au début des années 70. Je ne suis pas politisé et il ne devrait pas y avoir de récupération politique, je manifeste pour la paix et pour que le droit international soit respecté. »
Un rassemblement samedi prochain avec les Gilets jaunes
Le droit international, deux mots qui font sourire Claude Ageron, militant LFI et coorganisateur de la manifestation. « Il est piétiné, la France se rend complice en continuant ses livraisons d’armes tout en n’arrêtant pas Benyamin Netanyahou », pointe-t-il. Une référence au survol de l’espace aérien français par l’avion du Premier ministre israélien, le 24 septembre, alors que celui-ci se rendait à New York pour l’assemblée générale de l’Organisation des nations unies (ONU). Benyamin Netanyahou faisait alors, et toujours, l’objet d’un mandat d’arrêt délivré par la Cour pénale internationale (CPI) le 21 novembre 2024. Son avion aurait également survolé l’espace aérien de plusieurs autres États parties au statut de Rome.
Autant de raisons qui ont poussé les manifestants à exprimer leur indignation. Les organisateurs avaient demandé à être reçus en sous-préfecture pour exposer leurs préoccupations, notamment concernant « le sort du docteur Abu Safiya, emprisonné en Israël ». Leur demande n’a toutefois pas abouti.
Qu’importe, ils ont annoncé qu’ils poursuivraient leur mobilisation et ont pris rendez-vous le samedi 17 octobre, à partir de 10 heures, au rond-point de Saint-Jean-de-Soudain. Un point de ralliement associé aux Gilets jaunes, qui ont justement annoncé leur retour avec une journée de mobilisation nationale prévue ce même samedi, premier jour des vacances scolaires.
D’autres rendez-vous
En lien avec cette thématique, la section locale de la Libre pensée propose aussi deux soirées au cinéma Équinoxe. La première, ce mardi 6 octobre à 19 h 30, proposera la projection de Lyd, un film documentaire et fiction de Sarah Ema Friedland et Rami Younis, suivie d’un débat avec Kapik, une militante juive décoloniale. Ensuite, le mardi 13 octobre à 19 h 30, sera projeté From Gaza with love, un documentaire de Charles Villa et Suhail Nassar, suivi d’un débat avec Shahin, militant d’origine palestinienne.


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