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dimanche 3 septembre 2017

L'EDITO et les premières pages d'INFORMATIONS OUVRIERES N° 468 du jeudi 31 août 2017


Informations Ouvrières n°468

Gouvernement des riches
mercredi 30 août 2017 




Gouvernement des riches
Lionel Parlant, membre du bureau national du POI
En 2010, Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot publiaient Le Président des riches, livre qui visait à démontrer comment l’action de Sarkozy était vouée à la satisfaction des intérêts des détenteurs du capital. Ce n’est pas par manque de matière qu’ils n’auront pas renouvelé l’exercice avec les présidents suivants.
Paru le mois dernier, un rapport de l’OFCE relate que, au sujet des mesures envisagées par Macron pour « rendre plus juste »l’impôt, si les 90 % de la population les plus pauvres pouvaient au mieux espérer entre 15 euros et 25 euros de gain par mois, les 10% les plus riches pourraient miser sur 125 euros en moyenne.
Sur France Info ce jeudi 24 août, à la suite de l’évocation de la baisse des APL, de la hausse de la CSG et des orientations fiscales en faveur des plus aisés, c’est Bruno Bonnell, député LREM, qui doit ainsi affronter la qualification de « gouvernement pour les riches ».
Vantant l’actuel projet de loi travail, il l’estime propre à « ramener un dialogue direct au niveau de l’entreprise » au profit des salariés, avant de confesser quelques phrases plus tard qu’il n’était pas informé du contenu du texte, à l’instar de tous ceux qui auraient à en discuter, en premier lieu les organisations syndicales.
Le souci viendrait-il des travailleurs qui, déjà souvent soumis à un dialogue social vicié, n’auraient pas compris le but, fût-il dissimulé, de les astreindre à ne plus discuter que de la destruction des garanties les plus élémentaires, jusqu’à la remise en cause des primes d’ancienneté ou encore du nombre de congés maternité ?
Chacun sait qu’il n’y a pas de meilleur rempart contre le chômage et la précarité que la défense de l’ensemble des droits collectifs arrachés de haute lutte, au premier rang desquels le Code du travail.
Chaque secteur comprend qu’on ne peut pas accepter le chantage entre le chômage et une précarité sans cesse décuplée du fait du saccage des garanties liées au contrat de travail.
Les chauffeurs de VTC ou les livreurs de repas à vélo n’expriment rien d’autre que l’exigence de garanties collectives.
Partout où se profile la disparition des contrats aidés succède la colère. Si des entreprises publiques telle La Poste en ont usé par centaines avant de renvoyer leurs bénéficiaires sur le marché de l’emploi, l’annonce de leur fin laisse entrevoir autant de situations personnelles dramatiques que de lourdes difficultés pour certaines structures qui les accueillent.
Lors des prochaines journées de mobilisation annoncées, des jeunes, des précaires, des salariés, vont s’emparer de la défense du Code du travail pour marquer le rejet de ce gouvernement pour les riches.
Chaque initiative qui renforcera l’unité des revendications de l’ensemble de ces secteurs pourra trouver notre appui.
C’est dans cette période que les assemblées ouvertes du POI doivent prendre toute leur place, permettant la poursuite des discussions engagées, rassemblant tous ceux qui souhaitent oeuvrer à la résistance à cette politique.

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L'EDITO et les premières pages d'INFORMATIONS OUVRIERES N° 467 du jeudi 24 août 2017

Informations Ouvrières n°467

Il y a deux mondes…
mercredi 23 août 2017 





Il y a deux mondes…
Maryse Launais, membre du bureau national du POI
Le premier c’est celui de ceux d’en haut. Celui qui, assis sur des fortunes colossales, organise les guerres, suscite des coups d’État, tente de briser les nations, déporte les peuples, met en cause, peu à peu et sans état d’âme, la survie de notre planète, qui commercialise les produits avariés, qui espère casser toutes les conquêtes démocratiques et sociales accumulées depuis des siècles de lutte pour l’émancipation…
Celui qui, depuis plusieurs jours, dans tous les médias, exhibe ses larmes de crocodile face à la barbarie qu’il a engendrée.
Le second, c’est celui d’en bas.
Celui qui résiste et qui représente l’avenir de l’humanité.
Celui qui, partout, dans chaque continent et chaque pays, par ses luttes, ses combats et ses revendications, sème le désordre et la panique chez ceux d’en haut.
Dans ce monde-là, un appel a été lancé pour rassembler, dans une conférence mondiale qui se tiendra du 5 au 8 octobre à Alger, les militants et les organisations qui résistent. Et déjà, des réponses sont arrivées de responsables ouvriers et de jeunesse de 48 pays. Débattre, échanger, se grouper pour commencer à en finir avec la crise du mouvement ouvrier et le constituer sur un nouvel axe.
En France, les lecteurs d’Informations ouvrières le savent, dans ce monde-là, face à la crise majeure de la Ve République, face au gouvernement Macron-Medef-CFDT, l’idée a été lancée de constituer un Comité national de résistance et de défense des acquis sociaux et démocratiques de 1936 et 1945. Dans tous les départements, des comités de liaison et d’échanges regroupant des militants d’origines diverses du mouvement ouvrier, des élus, des jeunes, se sont constitués pour discuter de cette proposition. Notre journal aide à organiser la discussion depuis des mois, les dizaines et dizaines de contributions qui ont été publiées en témoignent. D’ores et déjà, on peut le dire, le Comité national de résistance va se mettre en place, dès l’automne, avec des milliers de militants. Le monde d’en bas s’organise contre la barbarie… Abonnez-vous… Réabonnez-vous.
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samedi 19 août 2017

L'EDITO et les premières pages d'informations Ouvrières N° 466 du jeudi 17 août 2017

Informations Ouvrières n°466

« La parenthèse enchantée post-électorale s’est refermée (1) »
mercredi 16 août 2017

« La parenthèse enchantée post-électorale s’est refermée (1)  »
 Le point de vue de Jean-Pierre Bréus, membre du bureau national du POI 
À l’occasion des cent premiers jours du quinquennat, de nombreux articles parus dans la presse traduisent la profonde inquiétude des marchés financiers sur la capacité du président Macron à réaliser sa mission historique, liquider toute la protection collective arrachée par les travailleurs dans leur combat de classe. Le quotidien Les Échos le 14 août consacre ainsi deux pages à un premier bilan, commençant ainsi : « C’était il y a tout juste deux mois. Tout semblait lui réussir. » La suite est nettement moins optimiste, une phrase résume tout : « Code du travail : le plus dur reste à faire. » Les mêmes craintes apparaissent dans le quotidien Ouest-France le même jour où l’on peut lire des formules telles que : « une rentrée périlleuse… déminer la fronde ». 
Il aura fallu par contre beaucoup moins de cent jours pour qu’apparaissent clairement aux yeux des travailleurs que les premières mesures de ce gouvernement ne sont que la poursuite de celles prises par les précédents, toutes au service du capital financier, et que la seule nouveauté dont peut se parer la politique menée est qu’elle franchit un degré dans la brutalité des coups portés contre la classe ouvrière. 
Alors qu’en France une personne sur sept vit sous le seuil de pauvreté, que ce taux augmente tous les ans, que près de quatre Français sur dix ne se soignent pas faute de moyens, ce gouvernement ose s’en prendre aux plus démunis par la baisse des APL, mesure qualifiée de courageuse par certains membres du gouvernement !
Honte à ceux qui qualifient de courageuse une mesure qui frappe les plus précaires, honte à ceux qui, en augmentant la CSG, osent s’en prendre à la grande majorité des retraités déjà malmenés par le précédent gouvernement, honte à ceux qui prétendent vouloir trier les « bons » et les « mauvais migrants ».
Mais il y a loin de la coupe aux lèvres, c’est au président le plus mal élu de la Ve République, à une Assemblée nationale élue avec une abstention historique, qu’est demandé de réaliser ce que ni Sarkozy ni Hollande n’ont pu réussir. C’est un gouvernement qui s’effondre déjà dans les sondages que le capital financier charge de poursuivre et d’aggraver la loi El Khomri, de s’en prendre aux retraites, à la Sécurité sociale, à l’école républicaine, au statut de la fonction publique, aux services publics par les coupes budgétaires aux collectivités locales… Toute la situation politique se concentre dans cette explosive contradiction. 
Les travailleurs qui, dans l’unité de leurs organisations, ont combattu la loi El Khomri sont parfaitement lucides sur les intentions d’un gouvernement aux ordres du patronat, ils savent que de grands affrontements, classe contre classe, capital contre travail, s’annoncent et que, dans cette guerre déclarée, la classe ouvrière et ses organisations sont capables de construire une force infiniment plus puissante que celle déjà fragilisée, regroupée autour d’un banquier d’affaires. 
C’est forts de cette conviction que les militants ouvriers regroupés dans les comités de liaison et d’échanges, tous les travailleurs engagés dans la défense des conquêtes de 1936 et 1945, se préparent à ces chocs. Pour cela, ils disposent d’un puissant facteur d’organisation, leur journal, Informations ouvrières. Abonnez-vous ! 
(1) Jérôme Fouquet, Ifop, cité dans Les Échos le 14 août 

L'EDITO et les premières pages d' Informations Ouvrières N°465 - jeudi 10 août 2017

Informations Ouvrières n°465

Au nom de quoi ?
vendredi 11 août 2017

Au nom de quoi ?
Le point de vue de Pierre Besse,membre du bureau national du POI
Depuis quelques jours, les médias,qui avaient encensé Macron après son élection à la présidentielle, se montrent très inquiets de la baisse de la popularité du président de la République dans les sondages, « le plus faible taux de popularité seulement après trois mois d’un président de la République, 36 % », selon un journaliste de TF1. 
A part les médias, qui peut s’étonner d’une telle baisse de popularité ? 
Certainement pas les jeunes bacheliers, les ouvriers de GM&S (l’usine de métallurgie de La Souterraine) ni la majorité des jeunes et des travailleurs de ce pays qui n’ont pas voté Macron.
L’application des ordonnances pour la nouvelle loi travail, la diminution des allocations logement, la baisse de la taxe d’habitation, privant les communes de ressources pour les services publics, etc., ne feront pas remonter la cote de Macron. Les solutions pour l’immense majorité de ce pays sont ailleurs.
En ce début du XXIe siècle, pourquoi faudrait-il que les droits du citoyen à la santé, l’école,les transports, l’électricité soient condamnés à disparaître ? Oui, au nom de quoi ! Cela pour le profit d’une minorité !
Cela devient insupportable. Toutes les semaines, les lecteurs d’Informations ouvrières prennent connaissance de l’actualité dans de nombreux pays et sur tous les continents à travers des entretiens avec des militants ouvriers,nous donnant un autre éclairage que celui des médias traditionnels aux ordres. Les lecteurs prennent connaissance de la préparation de la conférence mondiale proposée par l’Entente internationale des travailleurs en décembre 2017 contre la guerre et l’exploitation. 
La défense et la reconquête des acquis ouvriersde 1936 et 1945 dans notre pays en sont parties prenantes.
Les congés payés existent encore, la Sécurité sociale également, mais comme tous les services publics, ces acquis sont en danger. C’est une question de civilisation. Et l’initiative de créer un Comité national de résistance et reconquête des acquis de 1936 et 1945 est un point d’appui considérable,et pas seulement pour notre pays.
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L'EDITO et les premières pages d'Informations Ouvrières N° 464 - Jeudi 3 août 2017

Informations Ouvrières n°464

Incendies :une catastrophe qui aurait pu être évitée

mercredi 2 août 2017 



Incendies :une catastrophe quiaurait pu être évitée
Le point de vue de Franck Servel,membre du bureau national
La semaine dernière, les incendiesdans le sud-est de la France et laCorse ont frappé : plus de sept millehectares de végétation ont brûlé. Les pompiers ont fait preuve d’un grand professionnalisme et d’un grand courage, mais n’ont pu empêcher le ravage des flammes.
Les traditionnelles félicitations ont vite fait place à une polémique qui a éclaté sur le manque de moyens pour combattre efficacement les incendies, notamment sur l’insuffisance d’avions bombardiers d’eau. Le Parisien (25 juillet) cite le Syndicat national du personnel navigant de l’aéronautique civile (SNPNAC) qui adresse un courrier au directeur général de la Sécurité civile et tire la sonnette d’alarme : « Notre pays a subi de terribles incendies sur lesquels nous n’avons pas été capables de mettre en oeuvre la stratégie de lutte contre les feux de forêts dont vous êtes le garant (...). Cette incapacité est liée directement¶au manque d’avions bombardiers d’eau. »
Quelle est la situation ? La Sécurité civile possède théoriquement, aujourd’hui, 23 avions pour lutter contre les incendies : 12 Canadair, 9 Tracker et 2 Dash. Mais le responsable du SNPNAC a dénoncé le manque d’appareils disponibles, des avions étant cloués au sol, « soit par manque de pièces détachées, soit parce que la maintenance n’a pas été effectuée en temps et en heure ». Le ministre de l’Intérieur a tenté de calmer la polémique, en annonçant la commande de six avions de type Dash-8, peine perdue ! Le site du journal Les Échos explique : « En fait, l’annonce de Gérard Collomb n’en est pas vraiment une : les Dash-8 sont surtout destinés à remplacer les Tracker français, des appareils américains complètement au bout du rouleau (59 ans d’âge moyen !), qui servent avant tout à attaquer les feux naissants avec du retardant. »
Le préfet Jacques Witkowski a été obligé d’admettre  que « c’est une flotte suremployée. Comme pour un véhicule qu’on utiliserait trop, forcément il y a des pannes. »
Les six cents délégués des comités de liaison et d’échanges rassemblés à Paris, le 25 mars dernier, affirmaient dans leur appel : « La défense du caractère public de la SNCF, d’EDF, de La Poste, de l’Afpa et la formation professionnelle (...) c’est la défense du “choix“ fait sous la pression de la classe ouvrière en 1936 et en 1945, pour soustraire au capital la construction d’entreprises nationalisées chargées de la satisfaction de besoins sociaux aussi fondamentaux que l’acheminement de l’électricité, du courrier et l’organisation d’un véritable système de transports publics. »La Sécurité civile, la protection de la population, et donc les moyens financiers pour le service public, c’est un choix de société face à l’austérité budgétaire de Macron et aux coupes contre l’ensemble de lafonction publique opérées par le ministre Darmanin.
Le 19 juillet, les fédérations CGT, FO et Solidaires de la fonction publique ont rappelé, dans un communiqué commun, leurs revendications et donnent rendez-vous à la rentrée « dans l’unité la plus large, pour mettre tout en oeuvre pour faire échouer ces attaques sans précédent contre les fonctionnaires et la fonction publique ». Que ce soit pour la défense du Code du travail, contre les ordonnances Macron, ou pour préserver et renforcer les services publics, c’est bien cela qui est à l’ordre du jour.
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mardi 1 août 2017

L'EDITO et les premières pages d'Informations Ouvrières N° 463 du jeudi 27 juillet 2017

L'EDITO et les premières pages d'Informations Ouvrières N° 463  du jeudi  27 juillet 2017


mercredi 26 juillet 2017
par  poivitrolles 

Informations Ouvrières n°463

La lutte des classes n’est pas moribonde


Le point de vue de Claude Brochard, membre du bureau national du POI
La lutte des classes est le moteur de l’histoire. Quoi qu’en pense l’exministre Le Foll, qui vient de lâcher : « On évoque le capitalisme, lutte entre capital et travail ! Est-ce le débat ? Non.  » 
Printemps 2016, disparue, elle surgit inopinément. La loi El Khomri cristallisa la colère des catégories populaires, révélateur du refus de contre-réformes. 
L’idée des nantis est que la compétitivité des entreprises exige l’abandon de pans entiers de protections, cherchant l’accord avec des syndicats, mais il y a loin de la coupe aux lèvres. Les services publics nous intoxiqueraient ! 
Un ministre PS du Travail, Auroux, déclarait en 1982 : « L’entreprise constitue une collectivité de travail où les hommes et les femmes sont rassemblés autour d’un projet. » Phrase reprise par… Mme Pénicaud ! 
Pour le capital, Macron offre la chance d’accentuer l’offensive anti-ouvrière. Son élection a électrisé les dirigeants de l’UE. Il a une mission : nettoyer le Code du travail et détruire la Sécurité sociale. 
Vidant les partis qui ont accaparé le pouvoir durant soixante ans, Macron et ses aides de camp tentent de noyer les conquêtes ouvrières. 
Les gouvernements antérieurs ont coincé. Il veut passer en force sur les droits sociaux et démocratiques arrachés en 1936 et 1945 : Code du travail, services publics, statut public, Sécurité sociale, retraites… 
Cette politique de recul est néfaste à la population. Depuis des années, elle est inapte à réduire le chômage. 
Les lois, codes, libertés, ne seraient plus des règles de vie, mais source d’embêtement. 
« En même temps  », comme il le dit, il renforce le couple Union européenne-régions. 
Macron prescrit aux collectivités sa potion : compétences déléguées accrues pour les régions, avec transfert de pouvoirs et de structures, textes adaptés en fonction du territoire, droit à l’expérimentation rompant avec l’unité de la République… 
Certes, pas de baisse de dotations, tout au moins en 2018. Mais on rognera sur les moyens : 13 milliards d’économies sur cinq ans. Au vu des dépenses (229 milliards), il s’agit d’un cruel effort, à peine supérieur à ce que fit le précédent quinquennat (10 milliards). 
Il trace des pistes : suppression de niveaux de collectivités, fusion autoritaire de communes, rôle accru des métropoles, flexibilité réglementaire, salaires dans la fonction publique territoriale, RSA « re-étatisé » pour le brider… 
Et, pour épicer le tout, réduction du nombre d’élus : haro sur 509 575 conseillers municipaux, dont la quasi-totalité est bénévole. 
Suppression de 80 % de la taxe d’habitation : on lui substituerait une part de CSG, que le Parlement augmentera à sa guise. 
Macron rompt avec le statut unificateur de la fonction publique : le salaire (point d’indice) sera « différencié » selon les versants de la fonction publique. 
Aucune mention de quartier populaire ou d’habitat social. Ce millionnaire si loin de la vie réelle est pingre pour les aides au logement des pauvres et modestes. 
Le POI s’est investi pour le succès de ce qu’a incarné le vote Mélenchon. Nous l’avons fait sans condition, sans nier les diversités, sans quitter nos axes politiques. 
Cela ne suffit pas. La constitution d’un Comité national de défense des acquis de 1936 et 1945 se place dans ce cadre, dont Informations ouvrièresrend compte. 
Dans les années 1920, les « sachants » vantaient « la stabilisation du capitalisme ». Le « Jeudi noir » de Wall Street éclata peu après
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vendredi 14 juillet 2017

L'EDITO et les premières pages d'INFORMATIONS OUVRIERES N° 461 du jeudi 13 juillet 2017

mercredi 12 juillet 2017
par  POI National 

Informations Ouvrières n°461

Rien n’est joué !


Rien n’est joué !
Le point de vue de Jean-Charles Marquiset, Membre du bureau national
En une semaine, Macron et Philippe ont annoncé des mesures d’une brutalité jamais égalée contre les garanties collectives des travailleurs du public comme du privé et les retraités. D’ailleurs, avec les annonces, ce week-end, concernant la réforme de l’ISF, la bascule du CICE en baisse pérenne des charges, et l’exonération de la taxe d’habitation qui devait être reportée, les choses ont bougé. Macron a répondu ouvertement sur ces sujets aux exigences de Gattaz. Attaque en règle contre le Code du travail, loi d’habilitation, ordonnances…, la ministre du Travail, Mme Pénicaud, expliquant à l’Assemblée nationale qu’il s’agit de « décentraliser les droits ». 
Sur tous les sujets, il faut détruire, s’attaquer aux services publics et aux fonctionnaires : blocage du point d’indice, rétablissement de la journée de carence, suppression de 120 000 postes comme première étape, s’attaquer aux retraites, c’est-à-dire organiser la retraite par points, augmenter la CSG de 1,7 % pour financer la suppression des cotisations salariales, en fait la fiscalisation et une perte sèche du pouvoir d’achat pour la majorité des retraités. Macron-Philippe auront-ils les moyens de leurs ambitions ? Au moment où 160 000 jeunes bacheliers n’ont pas de place en fac, où des dizaines et centaines de collégiens n’ont pas de place en lycée, Macron-Philippe annoncent une nouvelle attaque contre la Sécurité sociale pour revenir à l’équilibre de la Sécurité sociale dès 2020. Au moment où le patronat va être exonéré de dizaines de milliards d’euros de cotisations sociales, revenir à l’équilibre, c’est organiser la destruction des hôpitaux publics, les déremboursements, c’est l’approfondissement de la politique de Hollande-Valls-Touraine. Quant à la suppression de la taxe d’habitation, elle commencerait dès 2018 pour accélérer le processus de destruction des communes, pour les mettre sous la coupe d’une politique de suppression de postes et de services publics. Macron-Philippe annoncent vouloir être aux 3 % de déficit pour tenir les engagements européens. Philippe dénonce « l’addiction française à la dépense publique » en vue d’organiser un vaste plan de privatisation des services et des secteurs publics. 
Mais rien n’est joué d’avance, parce que l’histoire de notre pays, celle de la lutte de classe, est une réalité, et que l’histoire le démontre. L’objectif du gouvernement Philippe-Macron d’intégrer les confédérations syndicales n’est pas non plus joué d’avance. Le combat contre le corporatisme est une donnée réelle dans notre pays. La lutte de classes reste le moteur de l’histoire, les luttes de ces dernières années le démontrent, même si personne ne peut prédire les formes que prendront celles de demain. Lors des élections présidentielle et législatives, la forme politique a été le rejet, soit par l’abstention massive, soit par le vote Insoumis. 
Jean-Luc Mélenchon a confirmé qu’il entend avec son groupe parlementaire combattre la remise en cause du Code du travail, comme il l’avait fait en s’engageant, s’il était élu, à abroger la loi El Khomri. Mais il y a d’abord la lutte de classe qui peut faire reculer et battre en brèche la politique de Macron-Philippe, des hommes qui représentent 1,5 électeur sur 10. C’est dans une crise jamais égalée des institutions de la Ve République et des partis qui l’ont fait vivre que s’inscrit le combat contre leurs projets réactionnaires. Un choc se prépare. 
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