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jeudi 20 septembre 2018

Technique, la remise en cause des arrêts maladie ? Non, ce sont les fondements de la Sécu de 1945 que voudrait abattre le gouvernement Macron-Kohler-Philippe

Technique, la remise en cause des arrêts maladie ? Non, ce sont les fondements de la Sécu de 1945 que voudrait abattre le gouvernement Macron-Kohler-Philippe

jeudi 16 août 2018 




Le plan de Macron pour la rentrée. Arrêts maladie : la Sécu ne rembourserait plus rien !
L’affaire a été lancée en catimini, début août. Le gouvernement voudrait mettre à bas l’un des fondements de la Sécurité sociale telle qu’elle a été instituée en 1945, en l’occurrence : la prise en charge des arrêts de travail par l’assurance maladie. Pour commencer, le gouvernement souhaiterait s’attaquer aux arrêts de moins de huit jours (d’après Les Échos, il comptait même, au point de départ, viser les arrêts de moins d’un mois).
Jusqu’à aujourd’hui, la Sécu verse à l’assuré, après un délai de carence de trois jours, des indemnités journalières à hauteur de 50 % de ses gains journaliers (un pourcentage augmenté à 66,7 % si l’assuré élève trois enfants ou plus). Comme pour tout ce qui concerne la Sécurité sociale, cet acquis s’applique à tous les salariés, quelle que soit la taille de l’entreprise, sa branche d’activité, sa localisation.
À l’inverse, le gouvernement entend donc, à l’occasion d’une « concertation » sur la « santé au travail » qu’il programme pour la rentrée, désengager la Sécurité sociale. Autrement dit, la Sécu ne paierait plus rien, tout serait renvoyé à d’éventuelles dispositions (et à la souscription d’assurances), entreprise par entreprise, dans la logique des ordonnances travail.
Les vieux travailleurs ciblés
La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, se justifie en prétendant que les arrêts de travail « explosent ». La commission des comptes de la Sécurité sociale a certes enregistré une augmentation de 4,4 % l’an dernier de leur montant global.
La vraie position du Medef
Le no 2 du Medef, Patrick Martin, dans une interview au Parisien (13 août), conteste pour la forme, mais il ajoute : « L’idée du gouvernement est de mieux maîtriser les finances publiques de manière générale et les dépenses sociales en particulier. Nous sommes d’accord. » En fait, le Medef nie être pour quoi que ce soit dans l’augmentation des arrêts de travail : histoire de bien préparer la « concertation » qui s’annonce et de justifier par avance qu’il ne paiera pas…
« Sortir de 1945 »
Le Medef ne conteste pas sur le fond le désengagement de la Sécurité sociale voulu par Macron, bien au contraire : lui et son ancêtre (le CNPF) n’ont d’ailleurs eu de cesse de prôner le démontage complet de la Sécu. Nous rappelons souvent ce que disait un ancien no 2 du Medef, Denis Kessler, en octobre 2007 : « Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945. » D’ailleurs, le Medef, quelques années plus tôt (novembre 2001), prônait notamment : « Le versement des indemnités journalières pourrait relever d’un système différent, confié à la responsabilité des partenaires sociaux, employeurs et salariés. »
Baisse de 6 points des cotisations patronales
« Un système différent » : ce peut être des assurances, payées par le salarié… En tous cas, ce ne serait plus la Sécu. Le Medef peut dire merci à Macron : à partir du
1er janvier prochain, les cotisations « patronales » d’assurance maladie vont baisser de six points (elles sont aujourd’hui de 13 % du salaire brut) ! Voilà pourquoi ils veulent détruire la Sécu !
« Privilégier le recours aux micro-entrepreneurs »
Le responsable de l’organisation patronale des artisans (l’U2P), Alain Griset, donne à sa façon les enjeux, évoquant dans le journal Le Monde (8 août) la fin de la prise en charge des arrêts maladie, que les artisans ne pourront pas assurer à la place de la Sécu : « Nous aurons tendance à privilégier le recours ponctuel aux micro-entrepreneurs, au détriment du recrutement de salariés… »
« L’ubérisation » générale de la société, tel est bien le projet de Macron, au moment même où les travailleurs qui le subissent combattent pour conquérir leur statut de salariés, avec la protection sociale collective qui l’accompagne !
Le désengagement de la Sécu de l’indemnisation des arrêts de travail n’est donc pas une question technique. De même qu’avec l’instauration programmée par le gouvernement d’un système de retraites « universel », fondé sur la capitalisation individuelle de points tout au long de la carrière, ce sont les fondements des relations sociales en France, établies lors de la vague révolutionnaire au sortir de la Seconde Guerre mondiale, qui sont menacés.
« Les accusations contre Alexis Kohler pourraient avoir un impact plus grave que l’affaire Benalla »
Pour La République des Pyrénées (11 août) : « Vous avez aimé l’affaire Benalla ? Vous allez adorer l’affaire Kohler ! Même si la première a révélé bien des failles du “nouveau monde” de Macron, on était quand même obligé de relativiser : par rapport aux “affaires” qui ont émaillé la Ve République, sur l’échelle de Richter des abus de pouvoir, on était loin des rétrocommissions des frégates pakistanaises, des milices du SAC, du dynamitage du bateau de Greenpeace et des écoutes de l’Élysée ! Mais avec Alexis Kohler, le secrétaire général de l’Élysée, c’est du lourd. »
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